Les médecins dans les pays d’Islam (Deuxième partie)

La médecine arabe, s’appuyant sur des connaissances grecques, persanes et indiennes, se développe largement grâce à de grandes figures (Avicenne, Averroès, Ibn al Nafis, Razès …) et des découvertes résultant d’une maîtrise des aspects théoriques de cette science et d’un sens aigu de l’observation. La pratique chirurgicale a été largement étudiée et compilée dans un ouvrage de référence rédigé au XIe siècle par l’andalou Abulcassis.

Les hôpitaux, « inventés » par les arabes sont à la fois lieux de soins et de formation.

« Dans sa diversité, la Terre est Une, et les Hommes sont Frères et Voisins »

Au IXe siècle, chaque grande capitale du monde arabe – Bagdad, Damas, Le Caire, La Mecque, Samarie – possède son centre culturel avec bibliothèque où érudits et élèves se croisent, attirés par les textes de l’Antiquité. Les héritages scientifiques orientaux et hellénistiques sont à l’origine d’une science islamique qui atteint son apogée aux IXe et Xe siècles et influencera plus tard l’Occident chrétien.

Si les opinions divergent parfois concernant la civilisation arabe, c’est parce que le qualificatif d’arabe ne repose sur aucun argument d’ordre ethnique, politique ou religieux. Les vrais Arabes ont été absorbé, au cours de leurs campagnes militaires, dans un grand nombre de populations hétérogènes: Iraniens, Turkmènes, Berbères, Espagnols, Africains et Grecs. L’empire musulman n’a jamais eu d’unité durable; témoignant de tolérance à l’égard des cultes existants, les musulmans ont encouragé une bienveillante collaboration avec les érudits des nouveaux arabisés. Pour le Prophète chaque peuple soumis doit conserver le choix de se convertir ou de verser un tribut lui permettant de conserver ses croyances, une sorte d’impôt de la tolérance religieuse.

Le seul lien était en fait représenté par la communauté de langue et d’écriture; mais la langue arabe n’était pas le plus souvent la langue de naissance. A ce sujet on peut remarquer que le premier livre médical écrit en arabe vers 681, était une traduction par un juif d’un livre écrit en grec par un chrétien d’Alexandrie: « Le Pandecte d’Aharun » qui rassemble les premiers travaux de médecine de l’antiquité.

II – Les différents Médecins au cours de la conquête

Avant l’Islam, en Arabie, le médecin était un guérisseur, il pratiquait quelques actes d’urgence orthopédique, utilisait des recettes de phytothérapie et des formules de contre-sorcellerie; l’accoucheuse pratiquait les soins aux femmes.

Une phrase attribuée à Mahommed lui-même résume la situation du médecin: « Il n’y a que deux sciences, la théologie pour le salut de l’âme et la médecine pour le salut du corps. » C’est de là que dépend toute une série de conseils médicaux. C’est pourquoi le médecin est à la fois porteur d’une science – Ilm-Attib – d’un art – sinaa – et d’un pur savoir théorique et d’un savoir faire – al-kindi -. Les médecins de l’Islam sont le plus souvent des savants ayant des connaissances dans de multiple domaines. L’image du médecin préconisé par l’Islam est celui d’un Sage (Hakim). Le mot arabe Tibben à l’origine signifiait aussi bien médecine que magie; par la suite leTabib ne signifiait plus que guérisseur ou thérapeute, alors que le Hakim concerne le prestige du Savant ou du Philosophe.

Au cours du Moyen Age les pays islamisés avaient une tradition médicale orientée vers l’enseignement, l’organisation et l’exercice pratique de la profession ainsi que la construction d’hôpitaux. La littérature médicale en langue arabe est certes abondante, mais elle manque d’originalité. Mais la médecine arabe a eu le mérite de conserver et transmettre de nombreux textes grecs et latins oubliés ou perdus au cours de la première période du Moyen Age occidental.

A partir du VIIe siècle l’essor de la Médecine en pays d’Islam va se faire en quatre périodes successives.

1 – Première période: les deux premiers siècles de l’Islam

Les sources: le Coran, et l’inititaion: les convertis.

La naissance de Mahomet se situe à l’époque de la mort de Justinien.
Mahomet a édifié les fondements d’une religion et d’une loi nouvelles, imprégnées de judaïsme dans une ambiance où l’art de guérir empruntait des pratiques fétichistes. Dans les 114 sourates et les 6211 versets du Coran, le Prophète ne place t-il pas la médecine aux cotés de la théologie, parmi les deux sciences principales. C’est ainsi qu’il énonce des prescriptions hygiéno-diététiques inspirées par la tradition qui ne sont pas sans rappeler celles qui étaient en vigueur dans les pays chrétiens environnants ou ceux imposés par la loi hébraïque.
Pour combler leur déficit culturel, les premiers chefs arabes tentèrent de s’attacher le concours des peuples civilisés récemment annexés, convertis ou non. Certains persans rapportèrent de Byzance et de Babylone les connaissances des vieilles civilisations assyrienne, babylonienne ou akkadienne.

La plus grande compréhension était de règle à l’égard des juifs, des chrétiens-nestoriens, des grecs ou zoroastriens. C’est ainsi que les Arabes puisèrent leurs connaissances médicales d’une part sur place en pays héllénisé et d’autre part auprès des moines nestoriens exilés par Byzance qui cherchèrent paradoxalement refuge « in partibus Infidelium » et apportaient avec eux le savoir et les livres accumulés dans leurs célèbres écoles.

La Syrie était devenue au fil des siècles un asile de culture médicale, les Jacobites d’Asie Mineure donnaient libre cours à leur érudition, et la Perse accueillait les lettrés et exerçait un vif rayonnement. Al Hareth Ibn Kaladah dit al Thakefi (né près de la Mecque à la fin du VIe siècle – mort en 634), est le premier médecin arabe digne d’être mentionné un des compagnons de Mohammed, formé à l’école de Jundishapour en Perse, s’intéressait à l’hygiène alimentaire et sexuelle, il recommande en priorité l’utilisation de ventouses et de lavements et emploie peu de médicaments. Il fut à la fois le médecin de Khosroès II et l’ami du Prophète.
A partir de la conquête d’Alexandrie, l’enseignement de la médecine se faisait en Egypte. Puis après 720, le centre des études s’est déplacé à Harran en Perse. C’est à Alexandrie et à Gundishapur qu’étaient conservés la plupart des manuscrits des auteurs grecs, qui servirent de modèle.

2 – Deuxième période : l’épanouissement et les traducteurs du VIIIe au XIIe siècle.

C’est aux chrétiens d’origine syrienne ou byzantine que l’on doit les traductions en syriaque puis en arabe des grands ouvrages médicaux et d’en avoir assuré la diffusion en Orient grâce à la bienveillance des autorités califales. Une place revient à la famille des Bakhtishu ou Bukht-Yishu (signifie serviteur de Jésus en siriaque), médecins chrétiens-nestoriens perses installés à Bagdad pendant six ou sept générations (du VIIIe au XIe siècle), le plus ancien d’entre eux dont nous avons des traces est Jurjis ibn Bakhtishu, formé à l’hôpital de Gundishapur en Perse, qui avait été appelé à Bagdad pour soigner le calife Al-Mansur en 766, et fut suivi par son fils Bakhtishu II et son petit-fils Jibril ibn Bakhtishu. (voir la généalogie de la famille Bakhtishu).

A Bagdad, un médecin chrétien jacobite de culture arabe Abu Zakariya Yahia Ibn Massawaih dit Mesuë l’ancien (776-855), connu aussi sous le nom de Janus Damascenus, né en 776 à Khuz prés de Ninive en Perse et mort à Bagdad en 855 où il exerça et pratiqua la médecine, et qui fut le médecin personnel du khalife Haroun al-Raschid. Il a fortement contribué à l’essor médical en inaugurant l’ère des grands traducteurs (traductions des travaux d’Hippocrate, de Galien et d’Aristote). Son oeuvre encore mal connue eut un retentissement dans toute la médecine médiévale européenne. Son « An-Nawadir-at-Tibiya » (Recueil des aphorismes médicaux), servit de modèle d’enseignement médical pendant des siècles. Il a également écrit le premier traité de régime alimentaire en s’inspirant de Galien : Kitab Hawass al-agdiyah.

Son principal élève fut Hunayn Ibn Ishaq dit Johannitius (809-877), la plus grande figure du IXe siècle, né à Hira (Bas-Euphrate), chrétien d’origine syriaque, nestorien de culture arabe, exerça à Bagdad et à Damas où il était appointé par le caliphe al Mamoun. Médecin et traducteur des œuvres de Platon, Aristote, d’Hippocrate et surtout de Galien, il travaillait auprès du célèbre médecin Jibril Bakhtishu petits fils de Jurjis Bakhtishu devenu le médecin-chef de l’hôpital de Bagdad et le médecin privé du calife Al-Rashid jusqu’à sa mort en 829. Il est l’auteur du « Kitab al Masae-il Fi Tib » (Livre des questions sur la Médecine) ainsi que du « Nawasir al falasifa » dans lequel il développe des théories de la Médecine, l’Anatomie, la Séméiologie et de la Pathologie et surtout en Ophtamologie sur laquelle il a écrit dix traités divers, devenant ainsi un pionnier arabe en cette matière. Ainsi la médecine figure au huitième rang après la géométrie et l’astronomie et avant la musique, la logique et la philosophie. Hunayn Ibn Ishaq est l’auteur du premier serment médical qu’il rédigea après avoir refusé au Calife de préparer un poison que celui-ci destinait à un ennemi. Son filsIshaq ibn Hunayn l’aida dans ses traductions et suivit le même chemin; ainsi que Qorra et son fils Sinan.

« Ma Science ne porte, écrit-il que sur les substances bénéfiques ; je n’en ai pas étudié d’autres. Deux choses m’ont retenu de préparer le poison mortel: ma religion et ma profession. La première m’enseigne que nous devons faire du bien même à nos ennemis, et à plus forte raison à nos amis. Quant à ma profession, elle a été instituée pour le plus grand bénéfice de l’humanité, dans le but exclusif de guérir et de soulager. En outre, comme tous les médecins, j’ai juré de ne donner à personne aucune substance mortelle ».

Une école de traducteurs avait été créée par les frères Banu Musa. Hubaysh ibn al-Hasan, appartenait à cette école, il parait avoir introduit le massage cardiaque externe. Un de ses disciples Istifan ben Basil dit Stéphane, qui traduisit Discoride en arabe, rassembla toutes les connaissances pharmacologiques du premier siècle de notre ère qui furent utilisés par tous les médecins arabes de Bagdad à Cordoue. Cette traduction fut améliorée plus tard par le moine Nicolas.
Parmi les autres traducteurs on peut citer: Yahia An Nahwi (Jean le Grammairien), Evêque Jacobite Philopponus d’Alexandrie, Issa ibn Yahya élève de Hunayn Ibn Ishaq et initiateur d’Ibn Sina (Avicenne).

Al Kindi (796-873), Surnommé « le Philosophe des Arabes », en matière de médecine, ses contributions se traduisent par les efforts déployés en vue de déterminer mathématiquement les doses médicinales. Aussi al-Kindi était-il «le premier à avoir fixé de façon rigoureuse les doses de tous les médicaments connus à son époque»

 

Les nouveaux maîtres de Perse, d’Egypte, du Maghreb et d’Espagne rivalisaient dans le domaine du faste et de l’esprit. C’est en 929 que fut fondée Cordoue – le joyau du monde – dans laquelle fut constituée une bibliothèque comparable à celle qui jadis avait fait la réputation d’Alexandrie (plusieurs centaines de milliers de volumes). La médecine arabe est représentée à cette époque par les grandes écoles de Médecine Arabe ou de langue Arabe:
– L’école de Bagdad avec les Bakhtishu et Yuhanna Ibn-Masawayh
– L’école d’Ispahan avec Ibn Sina,
– L’école de Shiraz avec Ibn Abbas Al Majusi,
– L’école de Damas avec Al Baghdadi et Ibn Al Mutran
– L’école au Caire illustrée par Ibn an Nafis et Ibn Abi Usaybia
– L’école de Kairouan: avec le célèbre Ishaq Ibn Imran et Ibn Al Jazza
– Les écoles de Cordoue, de Tolède, Séville, et de Saragosse connurent de grands médecins tels, les fameux Abulcassis, Avenzoar, Averroès.

Médecins issus des écoles Perses

La médecine arabe ne fut donc au début qu’une médecine faite par des étrangers arabisés.

1-al-TabariQuelques convertis s’associèrent au mouvement tel le Persan Abu al-Hasan Ali Ibn Sahl Rabban al-Tabari (830-877), également connu sous les noms de Ali ibn Rabban ou Abu al-Hasan, médecin issu d’une famille juive de Perse, converti à l’Islam, installé à Rayy en Iran puis à Samarra en Irak sous le Califat d’Al-Mutasim et d’Al-Mutawakkil, il est l’auteur de la toute première encyclopédie Médicale intitulée « Firdous-al-Hikmat » (Le Paradis de la Sagesse), traité en sept volumes, d’Anatomie accompagné de paragraphes de Pathologie générale, d’Obstétrique, d’Urologie et de Toxicologie. Il évoque le pouls, la saignée et la dermatologie. Il a également fait une synthèse des connaissances médicales Grecques, Persanes et Indiennes de l’époque. Il fut le professeur de Rhazes (al Razi).

2-RhazesRhazes et ses contemporains:
Abu-Bakr Mohammed ibn Zakaia al Razi dit Rhazes -(865-932)- fut peut-être le plus éminent, le plus original et le plus influent représentant des médecins arabo-musulmans de la période médiévale, considéré par certains comme étant le père de la médecine expérimentale.

3-La gloire de Rhazès a quelque peu éclipsé son confrère Ali ibn al-Abbas al-Majusi dit Ali Abbas (930-994), lui aussi persan, né à Ahwaz, converti à l’Islam, qui écrivit « Al Kitab Al Malaki » (Le Livre Royal de l’Art Médical) en 20 volumes, livre de synthèse des connaissances médicales gréco-arabes qui fut considéré comme un chef d’œuvre et constitue le premier traité méthodique: contenant une riche séméiologie et un thésaurus unique à l’époque. Complété par son « Kitab al Malaki Fi-Tibb« . Il s’inspire d’Hippocrate, critique Galien, se réfère à Paul d’Égine, Oribiase et Johannitus. Il y établit les rapports entre le cœur et la respiration mentionnant les diastoles et systoles, l’aspiration de l’air et le refoulement de l’air vicié. Il est un des tous premiers médecins, avant Avicenne, à faire référence à la psychopathologie et à la démence.
Dans son ouvrage Haly Abbas prend pour exemple l’étude de la pleurésie: il en donne d’abord la définition, poursuit par son étiologie, en énumère les 4 signes cardinaux, s’intéresse au pronostic avant de conclure par le traitement.
Il excella en embryologie et en gynécologie par diverses innovations. Il écrivit des traités sur la pathologie de l’utérus et de son col (abcès, tumeurs, etc…). Il prouva par ses études que l’utérus expulse le foetus par contractions. Chirurgien habile, il s’attachait plus à l’expérience qu’à la théorie.
Cet ouvrage fut traduit par Constantin l’Africain vers 1070, sous le titre « Pentigni »sans mention de l’auteur. Un étudiant de Constantin nommé Stephan découvrit la supercherie et dénnonça son maître dans un livre nommé « Liber Pentigni ». Néanmoins cette œuvre a longtemps figuré aux programmes des Ecoles de Médecine en Europe sous le nom de Constantin et ne fut supplantée par la suite que par le Canon d’Avicenne.

4- Abu-Ali Hussein lbn Abdallah lbn-Sina dit Avicenne, (980-1037).AvicennePluridisciplinaire il se préoccupe de tous les domaines de la pensée et du savoir, il léguera essentiellement à la médecine son« Kitab Al Qanum fi Al-Tibb » (« Canon de la médecine »), qui est une compilation annotée de toutes les maladies humaines connues à l’époque, qui a constitué la base de l’enseignement médical à la fois en Orient et en Europe jusqu’à une époque récente et figure dans le plus ancien programme d’étude connu, celui de l’Ecole de Médecine de Montpellier.

5- Al Husain ibn Ibrahim ibn al-Hasan ibn Khurshid al-Tabari connu sous le nom d’Al Natili (900-991) médecin Perse du Tabaristan, traducteur du grec en arabe. Il dédia une traduction de Discoride “De Materia Medica “ au Prince Abu Ali al-Samjuri.

6- Abu Mansur Muwaffak ibn Ali al-Harawi connu sous le nom d’ Abu Mansur Muwaffak, auteur Perse d’un important traité de pharmacologie, traduit en allemand en 1893, réédité en 1996.

 

 

Les médecins dans l’Espagne Omeyade, l’Âge d’Or:

Avenzoar, Averroes, Abulcassim et les derniers grands médecins de l’Espagne musulmane.

1- AvenzoarAbu Merwan Abd Al-Malik ibn-Zuhr dit Avenzoar, (1091-1162), arabe d’origine juive, il ne fut guère original. il vécut essentiellement à Séville. Adversaire d’Avicenne, il fit néanmoins quelques observations intéressantes, il est un des précurseurs de la médecine expérimentale. Il fut le maître d’Avempace (Ibn Badhjih ou Ibn Badsha, ou encore Ibn Bajja), philosophe, médecin et astronome né à Saragosse vers 1090, et mort vers 1138 à Fez. Il composa des ouvrages de mathématiques, de métaphysique et de morale fort estimés, et souvent cités avec éloge par Averroes. Mais la principale gloire d’Avenzoar fut d’avoir été le maître d’Averroes.

2- AverroesAbu Walid Mohammed ibn Ruschd dit Averroes, (1126-1198), né à Cordoue en Espagne en 1126, Il fut surnommé le « Commentateur », car il commenta en entier l’œuvre d’Aristote ce qui le rendit célèbre. Ces doctrines philosophiques soulèveront des débats passionnés dans le monde chrétien. En médecine, il fut moins un praticien qu’un théoricien. Il écrit « Les Généralités Médicales ». Il décrivit des cas originaux de méthodes thérapeutiques comme son observation de cas d’immunisations post varioliques préfigurant la vaccination.

3- AbulcasisKhalaf ibn Abbas al-Zahrawi, dit Abulcasis (936-1013), s’impose comme le meilleur représentant et le grand maître de la chirurgie hispano-arabe de l’époque à Cordoue en Espagne, c’est à dire à l’autre extrémité de l’empire islamique. Il est contemporain d’Avicenne. Il est l’auteur d’une encyclopédie illustrée en trente volumes qui sera traduite 150 ans plus tard et sera utilisée pendant cinq siècles par les Universités de Montpellier et de Salerne.

4 – Le début du deuxième millénaire connut la présence de nombreux autres médecins un peu moins renommés, citons parmi eux:

Abu Daud Suliman ibn Hasan ibn Juljul dit Golgol (943-?), médecin arabe de Cordoue en Espagne et biographe,

Arib ibn Saïd al-Khatib al-Qurtubi (? – 976), médecin à Cordoue à la cour d’Abd al-Rahman III et d’al -Hakim II, il écrivit un livre de pédiatrie et d’obstétrique, d’hygiène de la parturiente et des enfants.

Ibn Wafid dit El Abenguefith de Tolède (au service du roi al Mamoun de Tolède) a écrit plusieurs livres de médecine dont l’un sur « Les médicaments simples » qui est devenu célèbre dans toute l’Europe, sous le nom « Liber Abenguefith Philosophi de virtutibus medicinarum et ciborum », grâce à la traduction qu’en fit Gérard de Crémone.

Ibn Jazla (?-1100), médecin arabe musulman de Bagdad, connu sous le nom deBengesla, il était chrétien avant de se convertir à l’Islam en 1074. Ibn Jazla « soignait gracieusement ses proches et ses connaissances, leur portait boissons et médicaments sans contrepartie, visitait les pauvres et les couvrait de sa bienfaisance ». Son apport à la médecine ressort dans son élaboration de tables comportant des explications exhaustives sur chaque maladie. Il passe en revue également les différents types d’épidémies et de maladies, leurs dates d’apparition, les pays où elles sont répandues, les méthodes de diagnostic et de traitement.

David ibn Sérapion le Jeune, médecin arabe de Bagdad et Saïd ibn Hibat-Allah, médecin arabe de Bagdad de l’époque médiévale, étudièrent la pharmacologie.

Enfin Abu al-Hasan Ali ibn Ridwan Al Misri dit Haly Abenrudian (988-1024), médecin arabe égyptien né à Gizé nous renseigne sur les mauvaises conditions d’hygiène qui régnaient au Caire au XIe siècle dans son « Livre sur la qualité de l’éducation médicale » , il a également écrit des commentaires sur la médecine grecque

Plus tard Ibn Bajja dit Avempace né en 1138 à Saragosse, encyclopédiste de renom, fit des descriptions précises des propriétés thérapeutiques ou toxiques de l’aconit, du séné, de la rhubarbe ou de l’ergot de seigle. Ibn Tofaïl (1100-1185) né près de Grenade, aurait écrit, en médecine, un ouvrage en deux volumes. Ibn Abu Usayba rappelle que Ibn Tofaïl et Ibn Roshd avaient conduit conjointement des recherches portant sur la définition des médicaments «Rasm al-Dawaa», qu’Ibn Roshd a compilé dans son livre «al-Kulliyyate». Il aurait également écrit un livre versifié en médecine de 7700 vers.

L’école du Caire

L’école du Caire brilla jusqu’au XIIIe siècle, attirait vers elle de nombreux savants orientaux.

Citons d’abord les deux plus anciens éminents médecins : Abu Abdallah Muhammed ibn Ahmed ibn Said al-Tamimi al-Muqaddasi connu sous le nom d’ Al-Tamimi (fin du Xe siècle), médecin palestinien né à Jerusalem, exerçant en Egypte, principalement connu pour son guide médical des régimes et médicaments simplesKitab al-murshid ila jawahir al-aghdhiya wa quwa-l-mufradat (Murshid). Et Ahmed ibn Mohammed ibn Yahya al-Baladi connu sous le nom d’ Al-Baladi (? – 990) Médecin égyptien auteur de Kitab Tadbir al-habala wal-atfal (Traité dhygiène des femmes enceintes et des nourissons).

Ibn Radwane (Abu al-Hassan al-Misri Ali Ibn Radwane Ibn Ali Ibn Jaafar) était un médecin égyptien de grande renommée. Il fut le médecin du Calife al-Hakem bi Amrillah, et doyen des médecins du Caire. Il est né à Gizah, près du Caire en 998, où il a vécu et est mort vers 1061. C’était un médecin, un mathématicien et un astrologue, ainsi qu’un grand philosophe de l’Islam. L’intérêt qu’il portait à la consultation du malade en vue de diagnostiquer la maladie est l’une de ses principales contributions scientifiques. Il examinait les membres du malade, ainsi que sa mine et son épiderme, auscultant son organisme, tant au plan interne qu’externe, observant son regard, sa parole, sa démarche, son rythme cardiaque et cherchant à connaître son humeur, et ce, par le biais des questions qu’il lui posait. , Ibn Radwane a également défini les obligations du médecin envers ses ennemis, qu’il doit traiter avec le même esprit, dévouement et disposition qu’il déploie envers ses amis. Ibn Radwane a écrit plusieurs ouvrages en médecine, notamment :
« Kitab fi Dafae Madhar al-Abdane bi Ard Misr » (Comment soigner les maladies en Egypte);
« Sharh al-Sinaa al-Saghira li Galinos » (Commentaires sur la petite industrie de Galien);
« Sharh al-Maqalat al-Arbaa fi al-Qadaya bi al-Nujum li Batlimus » (Exégèse des quatre traités de Ptolémée relatifs à la solution des problèmes par les astres);
« Kifayatu al-Tabib fima Sahha ladayya mina al-Tajarub » (Mes expériences vérifiées à l’usage des autres médecins) ;
« Al-Kitab al-Nafee fi Taallumi Sinaatu al-Tibb » (Livre utile dans l’enseignement de la médecine).

C’est à cette époque que la pharmacologie se développe sous l’impulsion de Kohen al-Attar (1260 – ? ) médecin juif vivant en égypte qui écrivit un Minhaj al-Dukkan(Traité de pharmacologie), encore utilisé dans certains pays; et Ibn al-Baitar (1197-1248) né à Malaga en Andalousie, surnommé le botaniste/herboriste, qui résida en Egypte puis à Damas d’où il voyagea dans de nombreux pays à la recherche de plantes. Il est l’auteur d’ouvrages de botanique enrichi d’un lexique pharmacologique, en particulier une classification portant sur mille quatre cents plantes dont un bon nombre demeurées inconnues jusque-là : « Kitab al-Jamii li Mufradat al Adwiya wal Aghdhia » (Recueil des remèdes et aliments simples). Il fut en outre, le premier savant à s’intéresser aux herbes nuisibles aux récoltes, procédant à leur classification en fonction des récoltes. Il se pencha également sur l’étude de la faune marine et terrestre, citant leurs bienfaits dans le traitement des maladies.Abdellatif Al Baghdadi est un médecin et historien arabe, né à Bagdad en 1161, mort en 1231. Il fut protégé et pensionné par le sultan Saladin.

Le développement du commerce des minéraux et des végétaux destinés aux préparations magistrales donna naissance aux pots et vases de céramique décorée.
L’école du Caire forma de nombreux spécialistes des yeux, prescrivant collyres et fards thérapeutiques. AlhazenLe plus célèbre est Ibn al-Haytham dit Alhazen, (Bassora 965-Le Caire 1040), qui était également mathématicien, astronome et philosophe. OphtalmoSes apports ont été particulièrement importants en optique où il obtint des résultats totalement nouveaux, en rupture avec les théories grecques. Il étudie avec précision l’anatomie de l’œil, Selon lui la lumière vient de l’extérieur, la vision n’est plus le fait de l’œil qui éclairerait les objets comme le pensait les grecs. Alhazen applique dans ses recherches sur les miroirs, sa théorie de géométrisation de l’optique. Il observe également les phénomènes de réfraction et diffraction de la lumière. On lui attribue généralement la première description scientifique du pouvoir grossissant des lentilles; il ne parle pas de leur utilisation possible pour favoriser la lecture. Dans son livre « Opticae Thesaurus » , il décrit les différentes formes de lentilles. Son traité « Kittab al Manadir » (le Livre de l’optique) conservera de l’influence pendant près de six siècles ci-contre: Anatomie de l’oeil humain, extrait du traité d’ophtalmologie d’Hunayn ben Ishaq (vers 809-877). Manuscrit du XIe siècle. En plus de ces connaissances médicales, il était connu dans le domaine de la mécanique, domaine que les arabes appelaient « la science des ingégneries ».

 

 

 

 

Ibn al-Nafis

 

Un autre médecin, bien moins connu, Ibn al-Nafis (1213-1288), apprit la médecine auprès de Dakhour, médecin-chef de l’hôpital al-Nouri, ainsi qu’auprès de grands maîtres tels que Amraan l’israélite et Radi Ed-Dine al-Réhabi.

Ibn al-Nafis semble le véritable découvreur de la circulation qu’il a décrit dans ses « Commentaires sur l’anatomie du Canon d’Ibn Sina » qui n’ont été traduit que tardivement en Europe (1924).
Ce sont les médecins syriens et égyptiens qui créèrent l’Histoire de la Médecine en écrivant les biographies d’un grand nombre de leurs prédécesseurs, ainsi Ibn Abi Usaybia (1203-1273) de Damas est l’un des précurseurs qui a écrit 399 biographies de médecins et de naturalistes.

 

 

 

 

L’école de Kairouan

Cette très brillante école de Kairouan est représentée essentiellement par deux médecins arabes et un médecin juif.

Ibn-al-Jazar (898-980)

– et Ishak-Ibn-Omrane. Ce dernier originaire de Samarra en Irak, (Ishaq Ibn Omrane, Ishak ibn Imran, Ishaq Ibn’Imran) offrit ses services à l’émir Ziadallah III, de la dynastie Aghlabide, et instaura une tradition d’enseignement et de pratique de la psychiatrie à l’Université de Kairouan à Beit El Hikma (Raggada). Son traité magistral sur la mélancolie, que traduisit Constantin, est conservé à la bibliothèque de Munich et devrait beaucoup, selon l’historienne Danielle Jacquart, aux travaux de Rufus d’Ephèse (1er siècle ap. J.C.). « Ibn Omrane y analyse de façon magistrale la nature, les modalités, les étiologies et les complications de l’affection en terminant par de remarquables règles hygiéniques morales, diététiques et médicamenteuses. Ainsi, Ibn Omrane décrira toutes les formes aujourd’hui connues (ou presque) des états dépressifs mélancoliques, aussi bien les formes simples que compliquées, celles qui rentrent dans le cadre de la psychose maniaco-dépressive que celles qui compliquent des troubles somatiques variés. Du point de vue de l’étiopathogénie, on remarque qu’aucune influence n’est accordée aux causes surnaturelles, non plus qu’aux démons et aux djinns, alors même que leur réalité était ancrée dans les croyances populaires et qu’à la même époque, en Europe, la possession diabolique représentait l’essence même de ces états. Il en est de même du suicide dont le mot n’est jamais prononcé tout au long de ce traité. Seul le pronostic fatal par inanition progressive sera signalé, jamais l’idée active et encore moins la tentative résolue d’auto-destruction. Ibn Omrane surtout a défini, et semble t-il une fois pour toutes, les grandes lignes de l’éventail thérapeutique qui s’adresse aux états dépressifs : psychothérapie, sociothérapie, physiothérapie, chimiothérapie et thérapie à visée étiologique et hygiénodiététique. Tous traitements s’inscrivant dans le cadre d’une relation médecin-malade basée sur le réconfort moral et qui seront exposés avec une perspicacité remarquable. »

– et Isaac l’Hébreu

3 – Troisième période : la propagation et la diffusion à l’Occident

Elle coïncide avec les premiers revers militaires des arabes. La diffusion s’opéra de différentes manières:

Constantin l’Africain, un chrétien de Carthage l’amorça à Salerne, qui traduisit en latin une encyclopédie médicale écrite en arabe dans la Perse du Xe siècle, qui fournit les fondements du galénisme arabe, fortement inspiré par les théories de Galien mais enrichies de systématisations et d’apports dus à l’école tardive d’Alexandrie et aux médecins arabes. Il a aussi traduit les commentaires de Galien aux Aphorismes et aux Pronostic d’Hippocrate inconnus jusqu’alors en latin.

– Les médecins Juifs réfugiés dans le midi de la France eurent leur rôle.

– Pendant les Croisades la présence des Francs dans le Proche et le Moyen-Orient, leur permirent de rentrer en contact avec la littérature médicale arabe. Gérard de Crémone (1114-1187) érudit et traducteur italien s’établit à Tolède, en Espagne, afin d’y traduire en latin les œuvres de Galien et des auteurs orientaux Avicenne, Abulcassis, El Abenguefith. De même le catalan Arnaud de Villeneuve (1235 – 1311) profita de son séjour à la cour d’Aragon pour traduire des textes arabes ou hébreux et pour en faire profiter l’école de Montpellier.

Ainsi la médecine de langue arabe eut pour initiateurs des Chrétiens, et ses propagateurs furent des Chrétiens et des Juifs.

Effets pratiques de la transmission des textes arabes

Dans la pratique la pharmacopée a été beaucoup enrichie grâce à ces apports, mais la pratique a été surtout modifiée du fait qu’elle dépendait désormais d’une théorie. Ainsi, avant de prescrire un traitement, le praticien devait, face à chaque malade, mener une investigation très personnalisée, par exemple déterminer son tempérament, tenir compte de son âge, de son environnement, bien sûr de sa maladie… Il ne s’agissait pas vraiment d’un diagnostic au sens où nous l’entendons aujourd’hui, car il n’était pas indépendant du pronostic. Si le Moyen Age a peu observé, ou du moins n’a pas toujours prêté assez attention à ses observations, néanmoins, le médecin renouvelait, avec chaque patient, une sorte d’expérience très cadrée par des principes bien établis et sans empirisme. Le bouleversement de la pratique s’est effectué sur des siècles.

L’exercice de la médecine dans les pays islamisés: les hôpitaux, l’enseignement.

L’enseignement

En terre d’Islam, il existait des organisations professionnelles médicales (sinf), qui se constituèrent progressivement en relation avec l’école (madrasa) et avec l’hôpital (maristan). Dès 931, l’autorisation d’exercer est subordonnée à l’obtention d’un diplôme (ijaza). Les études n’étaient pas seulement théoriques mais comportaient également des stages hospitaliers. Les élèves examinent les malades puis les confient à des assistants plus expérimentés, avant que le maître ne confirme le diagnostic et ne prescrive la thérapeutique. Il existait un contrôle des connaissances générales des médecins surveillés par le muhtasib, pour des spécialités telle l’ophtalmologie, cependant que les pharmacies étaient surveillées pour dépister les fraudes dans les préparations des prescriptions. Les titres des médecins étaient par ordre décroissant: hakim, tabib, mutabbib (médecin praticien), et mudawi. Ces examens furent appliqués à l’Espagne musulmane puis graduellement à toute l’Europe. Toutes ces précautions n’étaient pas toujours suffisantes, ainsi en 932, le Calife de Bagdad fit contrôler 880 médecins et expulsa ceux dont les connaissances étaient trop approximatives.

Les soins étaient généralement gratuits pour les indigents, mais pouvaient faire l’objet d’honoraires très élevés pour les plus fortunés. Les médecins attachés aux souverains, princes ou ministres étaient comblés et parfois même appelés à tenir un rôle politique, ce qui n’était pas sans risque.

L’hôpital

« Les hôpitaux sont parmi les plus beaux titres de gloire de l’Islam ». Il semble que le premier hôpital dans lequel étaient associés les soins aux malades et l’enseignement fut construit à Gundishapur en Perse au VIe siècle. De nombreux médecins persans et syriens reçurent son enseignempent et transmirent aux arabes les connaissances médicales et thérapeutiques des grecs, des perses et des indous. Ils transmirent en même temps le modèle hospitalier d’enseignement.
Des hôpitaux furent construits dans les grands centres. Le Calife Al Walid Ibn Abd Al Malik (705-710) aurait construit le premier hôpital à Damas, sur le model de l’hôpital de Gundishapur, le maristan, mot d’origine persane signifiant « maison des malades ».
Un autre calife Omar Ibn Abd Al Aziz aurait en 718 transféré l’enseignement de la médecine d’Alexandrie à Antioche; après Gundishapur et Ray, Bagdad compta jusqu’à huit hôpitaux, le plus vaste al-Adudi inauguré en 982 comptait 80 médecins de spécialités différentes, il fut détruit en 1258.
al-Mansur au Caire, spécialisé en ophtalmologie (encore existant),
al-Nuri à Damas (devenu Musée de nos jours), Médine, la Mecque, eurent leur hôpital; le califat de Cordoue en compta jusqu’à quarante.

Dans une capitale aux conditions d’hygiène absolument déplorables, le Calife demanda à al-Rhazi (Rhazès) de choisir à Bagdad le meilleur emplacement pour la construction d’un nouvel hôpital. Avant de se décider, al-Rhazi suspendit des morceaux de viande en divers endroits de la ville, puis choisit le lieu où la viande se putréfiait le moins vite. Ce fut là que l’hôpital fut construit et, très logiquement, al-Rhazi en devint le chef.

Les hôpitaux étaient construits si possible près d’une mosquée ou d’une école. Chaque établissement était construit en forme de croix, il comportait des services différents pour les différentes spécialités. Une salle était réservée aux troubles oculaires et aux fièvres, une autre salle recevait les malades atteints de troubles digestifs, une autre était réservée aux chirurgiens. Les femmes étaient traitées dans un quartier qui leur était réservé, enfin les aliénés et les vieillards occupaient un autre quartier. La direction était confiée à un médecin-chef. Les soins aux patients alternaient avec l’enseignement aux étudiants qui étaient logés avec les professeurs dans une dépendance, comportant bibliothèque et salle de cours. Enfin des dépendances de l’établissement étaient occupées par les cuisines et la pharmacie.

Ce bel édifice s’effondra progressivement en Iran et en Mésopotamie à partir du XIIe siècle.

Au XIVe siècle, deux médecins naquirent en Espagne musulmane: Ali Ibn Khatima el-Ansari (?-1368) à Almeria, épidémiologiste remarquable, il formula les règles générales de cette discipline médicale naissante en étudiant les causes et les effets de l’épidémie de peste qui survint de 1348 à 1349 à Alméria. Ses travaux servirent aux générations de médecins spécialistes de maladies contagieuses. Et, Ibn-al Khatib (1313-1374) qui était originaire de Grenade.
Profitant de leur expérience acquise au cours de la peste de 1348, ils énoncèrent pour la première fois la notion de contagiosité, recommandant d’isoler les malades, et de détruire le linge avec lequel ils avaient été en contact. Ibn-al Khatib décrivit avec rigueur le développement et la propagation d’une épidémie.

4 – Quatrième période : la stagnation et déclin de l’époque Ottomane.

L’idée de déclin a été confortée parce qu’après Averroès, on cesse de traduire de l’arabe. Pourtant de grands savants arabes écrivent aux XIIIe et XIVe siècles en astronomie, en mathématique et en médecine. Du fait de circonstances politiques et religieuses, la science arabe est très développée dans certaines régions, inexistante dans d’autres. En Europe, les Arabes sont cantonnés dans le royaume de Grenade avec lequel il n’y a plus beaucoup de communication. Désormais, seuls les savants juifs connaissent cette langue et sont susceptibles de la traduire. D’autre part, les universités occidentales ont certainement donné la priorité à l’interprétation des textes déjà transmis et à l’éclosion d’une pensée occidentale originale. C’est pourquoi des pans entiers de la science arabe sont restés ignorés, que les historiens actuels redécouvrent.

5 – Bilan de la médecine arabe

La part laissée par les médecins arabes ou arabisés n’est pas négligeable.

Ils nous ont légué quelques descriptions cliniques nouvelles, des conceptions et des techniques inconnues du monde occidental, notamment en ophtamologie et en anatomie de la circulation sanguine (Ibn Al Nafis); ils ont développé la pharmacopée en expérimentant un grand nombre de produits à base de végétaux ou de minéraux.

Mais on leur doit essentiellement la mise en place de l’enseignement dans des hôpitaux au lit du malade

Certains nous ont transmis des connaissances issues de la tradition hippocrato-byzantine qui ont alimenté la pensée médicale pendant plusieurs siècles.

Conquête et arabisation >>>>>

Sources

Extrait de l’Histoire de la psychiatrie maghrébine du Professeur Sleïm Ammar, sur le site

– L’héritage Grec et Arabe Entretien avec Danille Jacquart de Jean-Luc Terradillos

Culturas Convergentes: Judíos, Musulmanes y Cristianos en La España Medieval

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