La résolution française soutenue par 800 Israéliens

«Les signataires de cette pétition sont des patriotes israéliens, dont l’attachement à leur pays, à son idéologie fondatrice et aux valeurs qui le fondent est au-dessus de tout soupçon, leur vie, faits et gestes en témoignent. S’ils se sont résolus à cette démarche, c’est parce qu’ils sentent que ces valeurs sont en danger et qu’il y va de la survie même de leur Etat si chèrement acquis.» C’est une lettre adressée au président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, par un diplomate israélien, l’ancien ambassadeur en France Elie Barnavi. Elle accompagne une pétition signée par plus de 800 Israéliens qui affirment soutenir la démarche des députés français en faveur de la reconnaissance de l’Etat de Palestine.

«Nous sommes angoissés par l’impasse diplomatique, l’occupation et la poursuite de la colonisation, lesquelles perpétuent la confrontation avec les Palestiniens et annihilent toute chance d’un compromis raisonnable», écrivent les pétitionnaires. Ils soulignent : «Il est évident à nos yeux que la sécurité, voire l’existence de l’Etat d’Israël, dépendent de la création à ses côtés d’un Etat de Palestine souverain, vivant en bonne intelligence avec lui.» Leur conclusion est claire : «Nous saluons et encourageons votre initiative de reconnaître l’Etat de Palestine, que nous estimons constituer un pas significatif sur le chemin long et semé d’embûches de la paix entre les deux frères ennemis du Proche-Orient.»

«AMITIÉ»

L’initiative de Barnavi part du constat que «tout est bloqué, on s’enfonce dans la guerre religieuse; il faut faire pression sur les parties». Même s’il se dit «sans illusion que la reconnaissance de l’Etat palestinien à ce stade ne mette un terme au conflit», il en est persuadé : «La solution viendra de l’extérieur. Les parties n’arriveront à une entente que contraintes et forcées. Si la communauté internationale nous impose le cadre d’un règlement.»

Le réalisateur et professeur de cinéma Aner Preminger a signé parce que, pour lui, la solution à deux Etats est la seule «juste et morale» pour les deux parties. Il ajoute : «D’un point de vue sioniste, c’est une solution nécessaire. Sinon le sionisme disparaît. Sans cette solution, nous aurons un Etat d’apartheid, colonialiste et non démocratique, qui va donc à l’encontre de la volonté sioniste originelle.»

La lettre qui accompagne la pétition insiste sur un point, les signataires ne voient pas le texte présenté par les députés comme «un geste hostile»  : une résolution de l’Assemblée pour«la reconnaissance d’un Etat palestinien aux côtés de l’Etat d’Israël serait une preuve d’amitié, à défendre comme telle, dans le droit fil des relations qui nouent depuis toujours nos deux pays». Parmi les pétitionnaires, des intellectuels, scientifiques et artistes de gauche, dont Avraham Burg (ex-président de la Knesset), Daniel Kahneman (Prix Nobel d’économie 2002), ou Naomi Chazan (ex-députée à la Knesset).

Aude MARCOVITCH De notre correspondante à Tel-Aviv

http://www.liberation.fr/monde/2014/12/02/la-resolution-francaise-soutenue-par-800-israeliens_1155273
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