Ce que le dictateur n’a pas dit – La beauté du geste de la résistance

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Entretien avec la metteure en scène et dramaturge Meriam Bousselmi et l’interprète, ancien président de la Ligue tunisienne des droits de l’homme à Sfax et actuel directeur des Journées Théâtrales de Carthage Lassaad Jamoussi. 

Sylvia Botella : Meriam Bousselmi, vous êtes dramaturge, metteure en scène et avocate inscrite au Barreau de Tunis depuis 2010. Je vous ai rencontrée, en janvier 2012, aux Journées Théâtrales de Carthage et à l’occasion du premier anniversaire de la Révolution du Jasmin. Je réalisais un grand reportage pour la revue Mouvement. Vous y présentiez votre pièce Mémoire en retraite au Théâtre National de Tunis. Des manifestations propres à la contestation, à la libération de la parole mais aussi aux fauteurs de trouble de la contre-révolution faisaient rage. La représentation de votre spectacle avait été interrompue. Lorsque je vous avais rencontrée, vous étiez inquiète mais vous étiez déterminée, aussi, à ne pas vous laisser museler, convaincue que la société civile tunisienne et les artistes tunisiens avaient leur rôle à jouer. Cinq ans se sont écoulés depuis la chute du régime Ben Ali, le 14 janvier 2011, comment avez-vous résisté et résistez-vous encore ? Quel est votre état d’esprit actuel ?

Meriam Bousselmi (M.B.) : Cinq ans déjà… c’est à la fois long et court. Je continue de résister grâce à la poétique de l’action, grâce au théâtre. Je pense qu’il est important d’opposer la poétique au politique, l’éthique au politique et de revenir aux valeurs fondamentales de l’humain, de l’humanité, à la responsabilité (et pas à la culpabilité), et au partage.

Aujourd’hui, nous avons perdu nos illusions. Nous avons crû que le changement serait immédiat et global, mais il n’en est rien.

Néanmoins, tout reste possible si l’individu est lui-même capable de changer. Je crois en la force de la prise de conscience, personnelle et partagée avec l’autre, dans le quotidien. On ne peut rien changer au travers l’idéologie car demeurent le jeu des différents intérêts et le danger de la manipulation.

Je crois au pouvoir de l’action individuelle qui devient action collective. C’est comme une pièce de théâtre. Pour qu’elle raconte quelque chose, il est nécessaire de la travailler, acte après acte, scène après scène, réplique après réplique, etc. C’est un travail dans le détail mais qui agit directement sur la pièce, dans son intégralité.

Une révolution, c’est une histoire qui nécessite moins l’action que le travail et le discernement.

 

Lassaad Jamoussi (L.J.) : J’ai du mal à concevoir le temps en ces termes-là, réduit à aux cinq dernières années écoulées. En 1956, lorsque nous avons obtenu, après presqu’un siècle de résistance, l’indépendance de la Tunisie, il y a eu immédiatement une euphorie, nationale et républicaine, et dans son sillage, une kyrielle de mesures incluant l’abolition de la monarchie, l’abolition de la polygamie, l’instauration immédiate de structures éducationnelles, l’alphabétisation, et. Pourquoi ce moment de rupture historique a-t-il été porteur d’autant de fruits ? Et pourquoi la révolution historique dite  » Révolution du Jasmin  » en est t-elle là, aujourd’hui ?

Le jasmin est une fleur fragile. Le mouvement des peuples nécessite des écorces dures. Je crois que c’est cela qui nous a trahi, la fleur s’est étiolée sous le poids de l’intérêt personnel. Nous ne sommes pas parvenus à nous réunir autour d’un projet commun.

Ben Ali est parti mais ses sbires, son administration et les mécanismes économiques et politiques du régime ont perduré. Comme un microbe, ils ont incubé. Aujourd’hui, ils s’inscrivent dans un processus de récupération.

Le seul slogan que je revendique et qui a été revendiqué par les masses qui ont résisté, sous le régime Ben Ali, se résume en trois mots : le travail, la liberté et la dignité. Aujourd’hui, nous n’avons ni le travail, ni la liberté, ni la dignité.

En 2015, le Prix Nobel de la Paix a été attribué à la Tunisie pour saluer son processus démocratique. Qu’est-ce que ça représente pour vous concrètement en tant que citoyen et artiste ?

L. J. : Je l’ai reçu comme le signe de la reconnaissance de l’importance du rôle actif qu’a toujours joué la société civile tunisienne. S’il y a bien quelque chose que nous avons obtenu depuis le XIXème siècle, c’est bien la constitution d’associations et cela, dès 1840, pour l’alphabétisation, les lumières, les nouvelles lois, etc.

La Tunisie a aboli l’esclavage, bien avant les États-Unis. Elle s’est dotée d’une constitution en 1861 – sachant que la première constitution de Carthage date de 3000 ans. Dans le prolongement des revendications datant des années 1930, elle s’est dotée, en 1956, du Code du statut personnel composé d’une série de lois progressistes visant à instaurer l’égalité entre l’homme et la femme. À cela, il est nécessaire d’ajouter les forces du mouvement syndical tunisien, les ténors du barreau, La Ligue des droits de l’Homme, etc.

En 2013, ce sont eux, c’est bien la société civile tunisienne qui a obligé les parlementaires à respecter les revendications et la volonté du peuple dans la rédaction d’une nouvelle constitution et le remaniement du gouvernement. Nous étions plus de 90 000 à manifester devant le Parlement…

C’est pour ces raisons que nous recevons Le Prix Nobel de la Paix avec fierté, c’est celui de la société civile dans son entièreté. Il salue la transition démocratique en Tunisie. Nous le recevons aussi avec joie, la Tunisie a réussi à échapper aux pièges de la confrontation et à ceux de la guerre civile.

En affirmant cela, je tiens à souligner le fait que nous n’avons pas obtenu le meilleur mais nous avons su éviter le pire.

Au fond, la Tunisie a obtenu le Prix Nobel de la Paix parce qu’elle a su éviter le pire. Ce qui n’est malheureusement pas le cas du Yemen, de la Lybie ou de la Syrie qui sont de véritables fournaises.

Si nous avons échappé à la fournaise, alors nous avons mérité le Prix Nobel de la Paix.

M. B. : Je suis très critique. Pour moi recevoir le Prix Nobel de la Paix, c’est du théâtre. La Tunisie est un pays où il y a encore des homosexuels bannis de leur ville natale, où la sexualité hors mariage est interdite, où les droits de la femme et la laïcité sont encore des concepts théoriques.

Le Prix Nobel pour la Paix me renvoie aussi aux symptômes qu’on peut observer à travers le monde : la culture de l’événement, l’intérêt de circonstance portée à un peuple, à une culture, etc.

Il est nécessaire de faire un travail précis sur ce qui est important et sur ce qui ne l’est pas. Nous en avons assez de la dictature de cette culture-là ! Nous avons pensé (à tort) chasser la dictature policière qui a consacré la culture évènementielle mais nous en avons retrouvé une autre. Aujourd’hui, nous avons régressé. Nous sommes en guerre.

Bien sûr, ce n’est pas une guerre avec des armes à la main. Et encore… Mais si nous ne sommes pas en guerre, de quoi s’agit-il ? Et que signifie la paix ?

Pour moi, c’est la mesure parfaite des valeurs de nos sociétés actuelles, celles du capitalisme : le marketing, l’intérêt passager, etc.

En 2011 et 2012, l’engouement pour les artistes tunisiens était extraordinaire et manifeste, au travers des résidences, des bourses. Aujourd’hui, qui s’intéresse vraiment aux artistes tunisiens ? Si ce n’est pour fêter l’anniversaire de la Révolution.

Je revendique une autre manière de penser, d’agir, de réagir et de gouverner. On ne peut pas continuer ainsi, avec une vision à court terme.

Vous avez créé Mémoire en retraite qui donnait la parole aux opprimés. Aujourd’hui, vous donnez la parole au dictateur dans la pièce Ce que le dictateur n’a pas dit qui est représenté à Bozar à Bruxelles. Pourquoi faire ce choix, aujourd’hui ? D’où êtes-vous parti pour l’écriture ? 

M. B. : J’en ai eu l’idée un mois et cinq semaines exactement, après la chute du régime Ben Ali, le 14 janvier 2015. Au début du soulèvement, nous étions dans le feu de l’action, dans l’euphorie. Nous nourrissions l’espoir d’évoluer vers un modèle social plus juste, vers la laïcité, vers moins de corruption, vers un vrai appareil juridique, vers une réforme de l’enseignement, vers une réforme des valeurs, etc.

Est née très vite, une très grande solidarité dans le malheur, mais elle s’est transformée très rapidement en haine. Les victimes d’hier sont devenues les bourreaux d’aujourd’hui.

L’Histoire se répétait. J’étais désenchantée. Je me disais :  » nous sommes tous des dictateurs.  » Nous sommes tous porteurs du germe de la dictature. Dans Ce que le dictateur n’a pas dit, nous disons :  » regardez-vous, d’abord !  »

Nous devons accomplir un travail personnel de longue haleine, de chaque jour, tant au niveau de la famille qu’au niveau du travail ou de la société, pour changer les mentalités. Ce ne sont pas les lois qu’on réforme, ce sont les mentalités !

À un moment donné, je me suis dit :  » il est temps de donner la parole à l’oppresseur, au dictateur.  » Dans Mémoire en retraite, la parole était donnée à un jeune poète qui vivait sous la loi du père. L’ordre des pères, c’est toujours l’ordre des dictateurs. C’était une métaphore. La pièce avait été créée sous le régime Ben Ali. Il y avait le Comité de censure, nous étions contraints d’user de la figure métaphorique.

Après la révolution, j’ai dû faire l’apprentissage de la liberté de création. Je devais me libérer de la figure métaphorique pour m’exprimer.

La métaphore est utile lorsqu’elle sert à développer le discours dramaturgique. Mais j’ai le sentiment que les artistes du Monde arabe ont acquis une manière de faire et sont, dans l’incapacité, de remettre en question leurs moyens de faire du théâtre.

C’est à cet endroit aussi qu’il est nécessaire de faire la révolution pour renverser la dictature du goût, la dictature esthétique et la dictature dramaturgique que nous avons subies, pendant des décennies. J’observe la scène tunisienne et je me demande :  » Qu’est-ce qui a changé ?  » Il y a tant de nouvelles écritures, de nouvelles manières de faire, la performance, etc. Je doute fort que quelque chose ait changé.

J’ai commencé à écrire le texte, en 2011, mais il était difficile d’être à la fois dans l’action et dans la réflexion. J’ai écrit une première version en février 2013, puis nous avons fait une première adaptation en allemand au Theater An der Ruhr en novembre 2013. Nous avons fait une première grande mise en scène au Luxembourg en juin 2014, elle a eu un grand succès et reçu un prix. Nous avons représenté le Luxembourg à Avignon en juillet 2015.

En 2016, nous avons retravaillé le texte pour aller encore plus loin dans le discours de la manipulation. Le théâtre, ce n’est pas seulement une production, une œuvre, c’est d’abord une position. On ne peut pas dissocier le fond de la forme, les idées de la parole. C’est toujours une dialectique.

Je suis très fière de collaborer avec Lassaad Jamoussi qui est concerné par le sujet, même si nous ne partageons pas toujours les mêmes perspectives (rires). Aujourd’hui, la pièce prend toute son ampleur.

Lassaad, Jamoussi, pouvez-vous nous dire quelques mots sur Ce que le dictateur n’a pas dit ?

L. J. : Lorsque Meriam m’a donné le texte à lire, j’ai été fasciné par l’écriture, par la mise en abîme, son caractère fragmentaire, ses jeux de miroirs, ses échos, etc. C’est comme un immense puzzle. La pièce interroge la figure du pouvoir et les interrelations, mais pas seulement au niveau du macrocosme (l’état) mais aussi au niveau du microcosme (l’intime).

J’ai immédiatement trouvé le texte, très beau. À mon sens, c’est un exercice de style exceptionnel, passant du jeu  » intérieur  » au jeu plus  » extériorisé « , du langage verbal au langage corporel, etc.

Je suis déjà très content du parcours que nous avons déjà accompli. Il nécessite sans doute encore des ajustements, des approfondissements, au niveau de la composition scénique dans son ensemble.

Quelle est la portée du geste artistique, représenter Ce que le Dictateur n’a pas dit, à Bozar, à Bruxelles ? 

M. B. Notre position est très critique, y compris à l’égard du fait d’être programmé à l’occasion du cinquième anniversaire de la Révolution tunisienne. Nous disons qu’il est nécessaire de penser les événements autrement, d’agir autrement. Et j’espère que les spectateurs s’en rendront compte.

Là est toute la difficulté. Il est difficile de remettre en question ce qui n’est pas remis en question.

C’est pour cette raison que vous êtes là. Vous êtes dans une position de résistance.

M. B. Oui. Même si en général, on n’aime pas l’honnêteté et la franchise spontanée (sourire). En toute honnêteté, j’en ai assez d’être programmée dans le cadre d’un Focus sur Le Printemps arabe. C’est très réducteur pour une artiste, c’est même contre productif. Il faut faire autrement. C’est important pour que les lignes bougent et que les relations se développent véritablement.

L. J. : Faire partie de ce projet est, pour moi, un acte citoyen en soi. Être là dans le cadre de la commémoration du Cinquième anniversaire de la Révolution tunisienne, c’est aussi témoigner de notre parcours.

Cependant, j’ai le sentiment qu’on cloue le cercueil de la belle insurrection populaire, en faisant d’elle, une sorte de monument de la mémoire pour mieux partager le pouvoir entre factions. Alors que le peuple tunisien continue de mourir de sa petite mort, de faim et de l’absence cruelle de projets.

Ce qui est le plus sidérant, c’est l’absence de projet commun au profit de plusieurs projets. C’est ce qui constitue la force d’inertie en Tunisie.

Il y a le projet islamiste qui veut ramener la Tunisie en arrière. Tous les partis religieux sont les partis de la régression théocratique. Nous avons mené une révolution démocratique, nous sommes dans une opposition totale.

Et il y a les forces politiques auxquelles nous avons accordé en quelque sorte nos espoirs, en leur donnant la possibilité de porter le projet démocratique. Mais subsistent les blocages…

Ici, je joue le rôle du dictateur qui dénonce cette situation, pas de manière frontale ni de manière vindicative. Il y a un va et vient incessant entre le discours frontal – l’adresse au peuple et aux forces – et la métaphore. Il y a d’ailleurs une très belle métaphore dans la pièce, celle des grands singes.

Nous nous adressons principalement à la base, cette même base qui est capable de trahir terriblement ses intérêts en élisant des émirs de l’islamisme politique, des personnes qui ont même baigné dans le terrorisme…

Quelle est la portée concrète de la pièce Ce que le dictateur n’a pas dit ?

M. B. : Critiquer. Il ne faut pas seulement s’attaquer à la grande figure du dictateur, il faut s’attaquer aussi aux petites figures dictatoriales, celles du quotidien. Il faut d’abord regarder le dictateur qu’on porte en soi. Il faut d’abord regarder ce que l’autre porte en lui. Nous jouons beaucoup sur le champ et le hors champ.

L. J. : C’est pour cette raison que la pièce a une portée universelle, ce n’est pas une pièce circonstancielle. Elle excède la dictature, la chute de Ben Ali et la révolution. Ces éléments sont, bien sûr, le moteur de la création mais elle acquiert une dimension universelle. Elle peut parler à n’importe quelle société, y compris européenne. Nous sommes dans une société mondiale en pleine transformation, nous ne savons pas qui tire les ficelles véritablement. Il faut parfois beaucoup de temps pour le comprendre.

Meriam Bousselmi, vous avez une trentaine d’années. Avez-vous le sentiment d’appartenir à une génération sacrifiée ?

M.B. : Oui. C’est pour cette raison que je suis, aujourd’hui, moins en Tunisie. Auparavant, je voulais y faire mon projet de vie. Aujourd’hui, je n’en ai plus envie. Je suis désenchantée. Je sens que ce que je fais, à mon endroit, peut agir un tout petit peu en Tunisie, mais c’est insuffisant.

Il n’y a pas de réseaux de solidarité en Tunisie ? 

M. B. Ce sont les médiocres qui réussissent la plupart du temps, ceux qui font du lobbying. Je veux être indépendante, je ne veux suivre personne. Je pense qu’il faudra beaucoup de temps avant que cela change. Il faudra plusieurs générations.

Après, j’essaie de garder l’espoir pour continuer de vivre et puiser l’énergie nécessaire pour créer, même dans la précarité, la marginalisation et l’absence de reconnaissance.

Tout ce qui se passe en Tunisie, c’est le symptôme de l’état du monde, y compris européen : le discours convenu, la restriction de la liberté de création, etc.

Il y a un chemin à faire. Nous vivons un moment de l’Histoire important où le suivant a du mal à naître. C’est très difficile. C’est peut-être dans la poésie qu’on peut retrouver l’espoir, le bonheur simple (comme manger une pomme, aimer quelqu’un, prendre le temps de discuter, etc.) et sortir du Live Program pour imposer un plan économique.

Lassaad Jamoussi, vous appartenez à une autre génération. Partagez-vous le même sentiment que celui de Meriam Bousselmi ?

L. J. : Je pense que nous sommes condamnés à résister. L’histoire ne se fait pas linéairement. Aujourd’hui, nous sommes beaucoup plus organisés, nous avons la presse libre à nos côtés. La liberté de la presse n’est pas prête à mettre le genou à terre. Nous avons évité la théocratie, de justesse mais nous l’avons évitée.

En observant et mesurant les aspects négatifs et positifs, je conclus que mes moyens en tant que militant, citoyen et artiste sont plus importants, quantitativement et qualitativement, que ceux dont je disposais avant le 14 janvier 2011.

Il n’y a aucune raison que je n’arrive pas à nourrir l’espoir de créer la troisième voie, celle d’une société démocratique, plurielle, où la religion sera à nouveau respectée comme croyance individuelle. Et où la patrie sera le signe du partage.

Essayons de mettre de côté le diktat de Dieu qui ne sert que les dictatures les plus noires. C’est sans doute la théocratie qui m’effraie le plus. Je n’ai personnellement rien contre les religieux, j’ai même le plus grand respect pour toutes les religions et les croyances. Mais transformer la religion en parti politique pour diriger non seulement un pays et la conscience individuelle, est absolument catastrophique. Au regard des six mille jeunes tunisiens envoyés en Syrie, la catastrophe a eu lieu. Ces jeunes sont partis pour combattre les mécréants au nom de Dieu. Jusqu’à quel point, leur désespoir a-t-il été instrumentalisé ?

En tant que directeur des Journées Théâtrales de Carthage, j’ai fait le pari de les décentraliser dans 267 souscriptions de la Tunisie. Chaque circonscription a pu accueillir au moins un spectacle. Nous avons réussi à toucher 74 000 élèves. Il est donc possible d’infléchir la politique culturelle tunisienne.

Je crois qu’au travers de petites actions menées, nous pouvons traverser les interstices. Si nous arrivons à imposer la beauté de la vie à la noirceur de l’obscurantisme et de l’islamisme primitif, au moyen de la culture, nous parviendrons à fertiliser l’étendue désertique. Je demeure optimiste.

Quels sont vos projets futurs ? 

M. B. Je vais être en résidence pendant un an en Allemagne dans le cadre du DAAD Kunstlerprogramm. J’ai un projet de livre L’hôpital des idées, un projet de une pièce Matanoia. Puisque nous ne sommes pas parvenus à changer le monde grâce aux révolutions politiques, comment y parvenir en se changeant soi-même ? En avons-nous véritablement la capacité ? Y croyons-nous ? Tout le monde veut le changement, mais le souhaite t-on véritablement ? Et j’aimerais faire une rencontre-performance sur la base de mes rencontres et de l’artiste que je suis (la femme, l’arabité, etc.)

 

Entretien réalisé le 14 janvier 2016 à Bozar à Bruxelles.

Ce que le Dictateur n’a pas dit mis en scène par Meriam Bousselmi, le 15 janvier 2016 à 20h dans le cadre de Moussem Cities @ Tunis à Bozar, à Bruxelles.

Source: http://www.rtbf.be/culture/scene/detail_ce-que-le-dictateur-n-a-pas-dit-la-beaute-du-geste-de-la-resistance?id=9186775

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