UN FUTUR À RECONSTRUIRE ENSEMBLE. PAR TRACY CHAMOUN

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PAR TRACY CHAMOUN – AOÛT 2020

En octobre 2019, une « révolte » éclata, enclenchée par une vague de rejet populaire dirigée contre les niveaux extrêmes de corruption qui sévissent dans le système politique traditionnel depuis la guerre civile.

Je n’appellerai pas encore cet épisode de notre histoire une révolution, car jusqu’à présent, rien n’a vraiment changé. Au fur et à mesure que cette révolte spontanée et massive progressait, elle fut surmontée de problèmes autrement plus importants, dérivés de l’usurpation du mouvement par les partis politiques traditionnels. Ces partis avaient tout intérêt à maintenir leur statu quo basé sur un partage du pouvoir qui leur avait permis, de profiter massivement et de façon même obscène pendant des décennies de leurs positions privilégiées.

Dès que la révolte révéla le niveau de mensonge qui avait soutenu la nation, celle-ci fut inévitablement suivie par un effondrement économique complet et rapide du pays. Cette situation a ensuite été aggravée par la pandémie mondiale qui effectivement a mis le Liban à genoux.

Aujourd’hui, même les plus ardents de ceux qui avaient initialement été engagés dans la lutte pour le changement semblent contrecarrés par la menace de violence des partis traditionnels et par la chaîne d’événements négatifs qui assaillent le pays depuis l’automne dernier. Il y a actuellement un sentiment général d’épuisement, aggravé par les mesures d’austérité paralysantes.

La révolte d’octobre 2019 est survenue à un moment de l’histoire du Liban où nous ne pouvions plus continuer sur la même voie où nous nous étions engagés. Mettons les insultes qui avaient accompagnées les manifestations à part, certaines des demandes m’ont vraiment frappée, comme les demandes positives de changement nécessaire. Celles-ci comprenaient l’appel au professionnalisme dans le gouvernement à travers l’établissement d’une méritocratie, le rejet du sectarisme en tant que pedigree pour l’éligibilité à gouverner, la séparation des pouvoirs entre les branches exécutives et législatives du gouvernement et l’élévation du statut de la femme dans la gouvernance.

En réalité, cependant, la révolte d’octobre risque actuellement de se révéler plus comme une défaillance du système. Il semble aussi qu’elle ait été temporairement corrigée en utilisant les mêmes pansements sectaires que les dirigeants du pays ont toujours employés pour couvrir les blessures du pays.

Rappelons-nous qu’en octobre, la vague populaire initiale a forcé le gouvernement actuel à démissionner, sans pour autant réussir à obtenir leur élimination totale. En fait, les différents chefs ont glissé à contrecœur dans l’arrière-plan pour continuer à diriger par procuration. Il est vite devenu évident que le nouveau gouvernement qui a émergé, a fondamentalement utilisé le même vieux cadre sectaire pour former le cabinet. et puis ils ont masqué leur tour de force en nommant un nombre politiquement correct des femmes. De même, tous les ministres n’ont pas été choisis sur la base du mérite et la promesse d’exclure les affiliations à un parti a également été ignorée, gardant intact le processus sectaire partisan.

Cependant, cela fait des mois que la désintégration du pays a commencé et jusqu’à présent, malgré toutes les prétendues bonnes intentions, il n’y a pas eu d’amélioration concrète puisque le pays continue à dériver sans aucune direction spécifique. Il serait ainsi juste de supposer que rien ne sera fait dans l’avenir proche pour enclencher une transformation constructive. Cela exigerait de s’approprier les erreurs du passé et risquerait par conséquent de révéler des abus de pouvoir qui durent depuis plusieurs décennies.

Aujourd’hui, près d’un an plus tard, nous n’avons toujours pas de plan d’action pour ressusciter le pays et la situation s’aggrave de jour en jour. La dette publique du Liban devrait atteindre 184% du PIB en 2020, le troisième ratio le plus élevé au monde. Les contrôles informels des capitaux et les restrictions de paiement pèsent tellement sur le crédit et la liquidité que cela a interrompu le commerce international. A l’interne, les fluctuations monétaires volatiles ont contraint de nombreuses entreprises nationales à fermer. Pour le dire simplement, le Liban est en proie à de multiples crises simultanées, dont la santé publique, un effondrement du secteur bancaire, la dépréciation de la monnaie, le gel des échanges, la pénurie de carburant, pas d’électricité, l’hyperinflation, la pauvreté accrue, les pénuries alimentaires, la jauge des prix, les faillites, ainsi que des taux de chômage en flèche. Pire encore, il y a l’augmentation rapide du déficit budgétaire en raison de la réduction drastique des recettes publiques. Cela expose davantage le pays au risque de nouvelles défaillances et menace la solvabilité du pays pour les générations à venir.

Les perspectives du Liban sont très précaires à moins qu’un PROJET DE RESTABILISATION complet ne soit mis en œuvre, qui doit non seulement se concentrer sur la proposition fiscale mais aussi sur la réforme du secteur publique et la correction de certaines omissions constitutionnelles problématiques. Rien de moins que cela ne mettra fin au cycle de mauvaise gouvernance qui est à l’origine de cette situation difficile.

Dans cet article, j’aborderai donc la question de la priorisation et la nécessité simultanée de restructurer le secteur public qui a besoin d’une purge systémique. Cela comprend l’examen des fautes et des lacunes, dont nous avons hérité des fondateurs, et qui persistent à ce jour sapant la structure fondamentale et l’administration du gouvernement.

Ce que nous avons, c’est un état chroniquement faible qui a besoin de guérison. J’ai essayé de mettre en évidence bon nombre de ces fissures dans l’administrations et de leur proposer des remèdes. L’analyse que je donne est purement pragmatique et elle est acquise au fil de nombreuses années consacrées à vouloir améliorer la performance de mon pays.

Il y aura de nombreuses raisons avancées pour expliquer pourquoi nous ne pouvons pas faire ce que je propose, c’est pourquoi ce document est accompagné d’un avertissement : ces changements dont je parle peuvent créer des réponses viscérales (que ce soit pour ou contre).  Ainsi pour chaque réaction que nous ressentons, nous devons examiner en nous-même sa provenance. Ces réactions découlent-elles de la peur du changement ? Des préjugés sectaires ? Si c’est le cas, ne sommes-nous pas simplement en train de perpétuer les mêmes croyances limitées qui ont presque détruit le pays plus d’une fois ? Et enfin, sommes-nous capables d’explorer la question de la construction d’une nation d’un point de vue vraiment fonctionnel ?

Les solutions dont je parle sont simples. Il s’agit plutôt de peaufiner, d’affiner et d’améliorer ce qui existe déjà. Nous n’avons pas chaque fois à réinventer la roue ! Nous devons utiliser notre échec actuel et les leçons apprises pour évoluer vers une meilleure version de nous-mêmes.

Par conséquent, je pense que, pour sortir du gouffre dans lequel le pays est tombé, il y a des priorités immédiates qui doivent être abordées ainsi que des problèmes politiques et structurels qui doivent être résolus pour assurer un changement durable.

Vous trouverez ci-dessous les schémas de ces priorités et possibilités. Je commencerai évidemment par les questions qui nécessitent une action immédiate.

SECTION UN – PRIORITÉS

FINANCIER ET FISCAL

En raison de l’immense pression exercée sur la nation par l’effondrement financier du système bancaire et de la collusion de ce secteur dans la souillure du pays, il est très important de redresser ce secteur en tant que priorité pour toutes les parties concernées.

  1. DEMANDER UN AUDIT LEGAL PARALLÈLE

Il est vital que le pouvoir judiciaire et la Cour des Comptes exigent un AUDIT LEGAL PARALLÈLE au travail du Gouvernement en cours dans le prochain audit de la Banque du Liban (BDL). Tant que tous ces chiffres n’auront pas été exposés et révélés, il ne pourra y avoir de justice ni de point de départ pour l’avenir. Cet audit parallèle doit être rendu public dans son intégralité pour éviter toute dissimulation.

2. ADOPTER UNE LOI POUR NORMALISER LES MESURES BANCAIRES POUR PROTÉGER LE PUBLIC

Le pays est actuellement dans une crise financière qui est gérée de manière incongrue, les banques tirant les ficelles et déterminant, souvent cruellement, le sort de ses créanciers. La priorité est donc de mettre un terme à ces abus quotidiens et de faire pression pour l’adoption d’une loi qui uniformise les pratiques des banques pour assurer une protection juridique aux personnes. Cette loi est entravée au parlement en raison du copinage de l’élite dirigeante et de leur inclination naturelle à se protéger mutuellement. Adopter cette loi serait inévitablement admettre l’incompétence de ces banques.

3. NÉGOCIER UN RÈGLEMENT AVEC LE FMI

Avant de pouvoir discuter de tout règlement avec le FMI, les personnes responsables de la catastrophe financière doivent être persuadées de se montrer honnêtes par tous les moyens nécessaires. La nation doit obtenir la divulgation complète du bilan financier du pays des actifs et des pertes restants. À ce jour, 3 chiffres sont en circulation : celui de la BDL, du ministère des Finances et des banques. Ce n’est qu’une autre tactique floue de la part des personnes ciblées dans cet effondrement pour falsifier davantage la réalité de la situation et se protéger. Cependant, d’un point de vue constructif, leur procrastination entrave tout progrès, car la question doit être abordée de front, pour arriver à une stratégie définitive pour sauver le pays.

Les solutions d’aujourd’hui ne doivent pas se concentrer uniquement sur la dette, les pertes et les liquidités, mais aussi reconnaître la valeur potentielle des actifs du pays, même si, à ce jour, la médiocrité de la gestion de ces actifs publics n’a fait que gaspiller les investissements nationaux et étrangers, et nui à la productivité nationale et à la croissance économique. Cela peut cependant faire partie d’un plan visant à réinjecter de l’argent frais dans l’économie sous la forme de semi-privatisations et d’améliorations des immobilisations.

Le gouvernement doit également proposer une politique budgétaire qui ne soit pas principalement axée sur les gains, car cela serait inutile à un moment où l’économie est au point mort. Il devrait prendre en compte les difficultés auxquelles la nation est confrontée en différant certains paiements et en en recouvrant d’autres de manière judicieuse afin de ne pas aggraver la situation financière calamiteuse qui étrangle la population.

Afin de se conformer à court terme aux réglementations du FMI et à long terme à la bonne gestion du besoin budgétaire du pays, le Ministère des Finances (MOF) devra se concentrer sur la création d’un SYSTÈME MODERNE d’ADMINISTRATION FISCALE en développant son propre logiciel propriétaire spécialement conçu pour les besoins monétaires et fiscaux du Liban. Ce système devra répondre aux exigences d’une administration moderne du XXIe siècle et servir de tremplin aux services électroniques des contribuables, pour permettre aux gens de déposer et de finaliser leurs transactions fiscales par voie électronique.

Le ministère des Finances parle depuis des années de mettre en œuvre un système global d’impôt sur le revenu (GIT) pour aider à l’administration fiscale globale, et au paiement et à la création d’un compte unique du Trésor (CST) pour rationaliser les paiements et les encaissements et améliorer la gestion de la trésorerie dans les entités gouvernementales. Le ministère devrait accélérer ces innovations et appliquer les normes comptables internationales du secteur public (IPSAS) à l’usage des entités du secteur public du monde entier dans la préparation des états financiers. Cela permettra au Liban de se conformer plus efficacement aux normes du FMI et aux autres réglementations internationales. Si elle est correctement engagée, cette période peut créer une opportunité de mettre en œuvre tous les changements que le ministère des Finances promet depuis des années.

En effet, LE MINISTÈRE DES FINANCES devrait être le ministère le plus fort du gouvernement. C’est la plate-forme pour la formulation de la réforme et de la politique économiques, la politique budgétaire et la gestion de la dette conformément aux priorités nationales. Il doit devenir le modèle de transparence et de responsabilité afin de projeter une bonne gouvernance. Le Ministère des Finances est comme le centre de commandement de l’ensemble du gouvernement. Il est actuellement confronté à de graves problèmes, car il n’a pas été dirigé avec une politique claire et nette depuis des décennies, en raison de l’ingérence politique.

Le Ministère des Finances a été négligent pendant des décennies, son manque de budget et son manque de supervision des activités de LA BANQUE CENTRALE ont largement contribué à la crise actuelle.

Aujourd’hui, la BANQUE DU LIBAN est en défaut et fait face à une faillite cataclysmique. Il n’y a même pas de règles d’audit pour la Banque Centrale, et son gouverneur peut fixer les taux d’intérêt et les politiques monétaires sans responsabilité, agissant dans le plus grand secret sur les transactions financières dans lesquelles il s’engage. Le gouverneur de la BDL ne relève de personne et ne peut être renvoyé !

À l’avenir, le gouvernement doit fixer des paramètres annuels de performance pour le Gouverneur de la Banque Centrale, avec des repères et avoir la possibilité de le licencier  sur base de performance. Le Ministère des Finances doit obliger la Banque Centrale à divulguer ses politiques monétaires concernant les valeurs et paramètres des taux d’intérêt et insister sur la publication d’un rapport annuel (qui a été mis de côté depuis des années).

Nombre de ces directives seront les facteurs déterminants pour savoir si le Liban recevra une coopération et une aide officielles du FMI et d’autres prêteurs pour l’aider à sortir de sa situation tragique. Une partie de ce processus consistera également à consolider le nombre de banques au Liban et à recapitaliser les banques restantes.

En ce qui concerne le BUDGET, la nation est restée 15 ans sans budget national, et lorsque le budget final a été fait et adopté pour 2019, il a été réutilisé sans aucune modification pour 2020. C’était imprudent compte tenu du chaos financier qui a suivi.

Pour aller de l’avant, le MOF doit élargir la portée de la couverture budgétaire en incorporant les finances d’institutions telles que le Conseil pour la reconstruction du développement (CDR) et la Commission supérieure de secours (HRC).

Compte tenu de la situation financière compliquée du pays, il serait également sage que le MOF prépare le prochain budget dans un cadre triennal pour rompre le cycle consistant à fonder le nouveau budget sur les allocations de l’année précédente.

4. CRÉER UN FONDS DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ

Le taux énorme de fermetures d’entreprises, de chômage et de pauvreté auquel le Liban est confronté aura été aggravé par les impératifs du Covid-19. Ceux-ci ont précipité le déclin et créé une situation d’urgence qui doit être traitée et résolue dès que possible pour empêcher le Liban de sombrer dans le chaos complet.

Le Liban doit créer un FONDS DE SECOURS CONTRE LA PAUVRETÉ qui sera complété par une nouvelle loi fiscale qui attribuerait un pourcentage de toute dividende transféré au gouvernement pour payer les services qui aident à soulager les souffrances humaines, y compris la fourniture de nourriture et d’aide médicale. Le Fonds devrait être fondé sur des principes fondamentaux, notamment la transparence, la limitation de la portée et l’isolement politique.

De plus, avec les « pénuries de dollars » qui impact l’économie libanaise qui est basée sur un modèle de taux d’importation de 80%, il est très important de mettre en place un PROGRAMME DE SÉCURITÉ ALIMENTAIRE pour les deux prochaines années jusqu’à ce que la monnaie se stabilise et que les transactions de crédit deviennent réalisables à nouveau.

La réforme du système public de pensions est une priorité également en ce moment en raison de ses impacts socio-économiques et fiscaux. Il existe actuellement trois régimes de retraite (tous désormais sans fonds !), un pour le secteur privé (le régime d’indemnisation de fin de service) et deux régimes du secteur public pour l’armée et les fonctionnaires. Cependant, à la lumière des événements récents, il existe une opportunité pour le gouvernement de créer une nouvelle autorité d’investissement dans la sécurité sociale en intégrant ces trois systèmes dans un seul régime de contributions définies entièrement financées (FFDC). Cela favorisera l’équité entre les contributeurs, fournira une protection sociale à un segment plus large de la population, ouvrira la voie à un marché du travail plus flexible.

POLITIQUE

Il ne suffit pas d’apporter les changements ci-dessus, il ne faut pas perdre de vue l’objectif de créer un nouveau climat politique pour le pays, en cela les deux prochaines années seront cruciales. En même temps nous devons AMENDER LA LOI ÉLECTORALE EXISTANTE.

Ainsi, à l’avenir, une autre priorité sur laquelle se concentrer est de modifier la loi électorale existante et de permettre l’élection de candidats indépendants au parlement. Cela rencontrera évidemment beaucoup de résistance mais, si cela n’est pas fait, les mêmes représentants reviendront au pouvoir.

En fait, l’amendement de la loi électorale de 2017 demande une simple modification pour garantir un résultat différent. La loi actuelle est double et fonctionne à la fois avec un système majoritaire avec des listes électorales, et sur la base de la représentation proportionnelle par un vote préférentiel lié aux listes et au petit district de la Caza. Une solution proposée serait de modifier la loi de 2017 par :

Simplifier la procédure de qualification.

Rendre le vote préférentiel « One Man One Vote » tel qu’il ne soit plus lié à aucune liste.

Fonder le vote préférentiel sur un grand quartier à savoir The Mohafaza.

Introduire un quota « unique » de 30% pour la représentation des femmes au Parlement.

En outre, le Parlement actuel ne doit pas être autorisé à prolonger son propre mandat lors des prochaines élections de 2022, (ce qu’il sera très tenté de faire, pour conserver la majorité des voix) car ce sera ce parlement qui élira le prochain président.

SECTION DEUX – RÉVISION DU SECTEUR PUBLIC

Ayant présenté ces priorités comme étant d’une extrême importance nationale en ce moment, j’ai formulé au cours des dernières années des idées que je décrirai ensuite et qui peuvent être une feuille de route pour le processus de ressuscitation de la nation directement liée aux faiblesses constitutionnelles et administratives du gouvernement, qui ont conduit à des problèmes continus et au manque de bonne gouvernance.

Cependant, je voudrais souligner que tout changement réussi au Liban doit d’abord se faire d’un point de vue éthique pour restaurer la dignité humaine et assurer la prospérité à tous les Libanais. Elle doit venir d’un modèle de leadership éclairé par l’exemple, où le système de valeurs et le respect de l’individu émanent du haut vers le bas et reflètent l’image d’une société où le bien commun repose sur l’égalité.

L’une des rares réalisations notables dans la formation de ce gouvernement post-révolte a été la pratique de la SÉPARATION DES POUVOIRS pour la première fois entre les branches exécutive et législative du gouvernement par laquelle leurs membres respectifs ne peuvent plus être présents dans les deux branches simultanément. Cela garantit que l’ensemble du gouvernement fonctionne avec un système adéquat de freins et contrepoids.

Cela dit, il est important d’examiner chaque branche du gouvernement séparément, car il existe de graves lacunes qui entravent leur fonctionnement. Dans la BRANCHE LÉGISLATIVE, les procédures parlementaires doivent être améliorées en installant des SYSTÈMES DE VOTE ÉLECTRONIQUE pour éviter les irrégularités dans les scrutins parlementaires. De plus, il est devenu douloureusement évident que de nombreux députés élus ne prennent pas leur rôle législatif au sérieux et sont souvent absents. Par conséquent, UN ENREGISTREMENT DE LA PARTICIPATION DES MEMBRES aux sessions parlementaires doit être appliqué pour les tenir responsables devant leurs circonscriptions. De même, le gouvernement devrait ABOLIR LE SALAIRE À VIE DES DÉPUTÉS RETRAITES que le pays ne peut plus se permettre de soutenir.

Pendant trop longtemps, LE POUVOIR JUDICIAIRE a été victime de politiciens et utilisé pour servir leurs intérêts. Il doit devenir plus indépendant pour éviter toute ingérence politique. Les membres du Conseil supérieur de la magistrature devraient être ÉLUS PAR DES ÉLECTIONS DIRECTES et par tous les niveaux de juges. Le gouvernement ne devrait pas être impliqué dans ce processus, car les gouvernements vont et viennent et n’agissent pas de manière impartiale. (Actuellement, le Conseil n’élit que deux des membres du conseil supérieur de la magistrature et le gouvernement nomme les huit autres).

En ce qui concerne la BRANCHE EXÉCUTIVE, après Ta’ef, LA PRÉSIDENCE a subi une forte baisse de ses prérogatives au profit du rôle du Premier Ministre et du Gouvernement. Cela a causé des problèmes constitutionnels et administratifs, dont le principal est l’abus de pouvoir du législatif. Cela était évident lorsque le Parlement a prolongé son propre mandat de quatre ans après avoir successivement et anticonstitutionnellement annulé les élections démocratiques. C’est pourquoi je propose de restituer au Président LE DROIT DE DISSOLUTION DU PARLEMENT uniquement dans le cas où les parlementaires tentent de prolonger leur mandat et de violer les principes démocratiques les plus sacrés.

L’un des principaux problèmes qui a entravé la gouvernance du pays, et qui a sans aucun doute contribué au manque de confiance dans l’économie libanaise, est le vide répété de la gouvernance au niveau exécutif.

Il a fallu parfois deux ans à la nation pour former un gouvernement et élire un président. Cela se produit parce que dans la Constitution libanaise, il n’y a pas de date limite pour ces événements. Par conséquent, il n’est que logique de proposer que la question des délais soit réexaminée, afin d’éviter que de tels vides ne se reproduisent, car ils handicapent régulièrement la nation.

UNE DATE LIMITE POUR L’ÉLECTION D’UN PRÉSIDENT doit être fixée à 90 jours à compter du moment où le Parlement devient un organe électoral, et afin de garantir la présence de candidats éligibles pendant cette période, il est également important d’introduire une DATE LIMITE POUR L’INSCRIPTION DES CANDIDATS à la présidence – 30 jours avant la date limite des élections. En outre, il est recommandé à ce jour qu’une personne ait au moins un diplôme universitaire pour être éligible au poste de président de la république.

En outre, la Constitution ne prévoit aucune disposition pour la réélection d’un président en cas de décès du président sortant, auquel cas il devrait également être de 90 jours comme ci-dessus à compter du décès, moment auquel, Le Parlement se transformerait également en un organe électoral. En attendant, le gouvernement dans son ensemble assumerait les privilèges exécutifs.

Quant au gouvernement, il a également subi le même sort que la présidence en raison d’un manque de délais dans la constitution, par conséquent, afin d’éviter une paralysie au sein du pouvoir exécutif du gouvernement, il est important d’introduire UN DÉLAI POUR FORMER UN GOUVERNEMENT de 40 jours par un Premier ministre nommé et approuvé par le Parlement. Si le délai expire, le premier ministre désigné devra se retirer pour être remplacé par un autre.

Je crois vraiment que ces amendements administratifs constitutionnels feraient toute la différence dans la transition du pouvoir au sein de l’exécutif et qu’ils ajouteraient une confiance indispensable dans la continuité de la gouvernance au Liban qui auraient des répercussions économiques positives.

Sur un plan plus général, en ce qui concerne le gouvernement, il y a quelques AMENDEMENTS ADMINISTRATIFS qui pourraient être considérés comme prioritaires pour le moment.

La première considération pour la nation est sa MODERNISATION. L’administration libanaise remonte aux années 50 et regorge de redondances, de transactions papier expirées et de systèmes de stockage d’informations obsolètes. Il souffre du manque de communication intra-départementale et du suivi nécessaire. C’est un terrain vague d’incompétence. Il n’y a pas d’automatisation ou de normalisation pour les opérations internes et dans l’ensemble du gouvernement. Le ministre des Finances, par exemple, est surchargé de fonctions administratives – il doit signer chaque transaction financière dans le pays qui doit également être tamponnée manuellement !

C’est pourquoi l’un des piliers essentiels de la transformation du Liban dans l’immédiat est de lancer une INITIATIVE nationale d’E-GOUVERNEMENT qui fonctionnerait à deux niveaux : le premier étant intergouvernemental, pour améliorer la communication et l’efficacité, et le second pour rationaliser les transactions publiques et prévenir la corruption dans la fonction publique.

En plus de la modernisation du gouvernement, il existe quelques INSTITUTIONS GOUVERNEMENTALES SUPPLÉMENTAIRES qui devraient être envisagées pour aider le pays en ce moment, notamment :

UN MINISTÈRE DE LA PLANIFICATION (LE RÉ-ETABLISSEMENT DE CELUI-CI) – Ce ministère remplacerait le CDR au sein du gouvernement. Le CDR a toujours été un organe semi-gouvernemental qui a échappé à la comptabilité et en même temps profité de l’establishment. Le CDR devrait être privatisé.

UNE COMMISSION POUR L’AIDE INTERNATIONALE – Elle devrait être créée pour se concentrer exclusivement sur les crises de réfugiés qui épuisent les ressources de la nation. Cette commission de par sa nature rapporterait directement au Président de la République. Il traiterait à la fois des affaires des réfugiés palestiniens, de leur statut et du financement de l’UNWRA et d’autres services d’aide, ainsi que des affaires des Syriens déplacés concernant leur retour. Il serait chargé de la budgétisation et d’assurer la continuité de l’aide internationale à tous les réfugiés sur le sol libanais.

UNE COMMISSION POUR L’ALIMENTATION ET LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ – Cette commission serait créée en tant qu’organisation de surveillance pour superviser la gestion du FONDS DE SECOURS CONTRE LA PAUVRETÉ, y compris ses allocations et ses décaissements aux secteurs les plus défavorisés de la population. Il ferait rapport au gouvernement.

De plus, pour contrer l’effondrement de l’économie libanaise, il est très important de fractionner l’impact des effets d’un tel effondrement sur l’ensemble de la nation. Ce type d’atténuation peut se faire en augmentant l’indépendance économique des régions par le biais des municipalités.

L’un des secteurs de l’économie les plus durement touchés a été les municipalités, qui ont vu leurs fonds décimés par les pertes du secteur financier. En raison de la corruption politique passée, les municipalités ont également accumulé d’énormes dettes sur lesquelles elles n’avaient auparavant aucun surveillance ni aucun contrôle.

Compte tenu de l’épuisement des fonds municipaux, il est impératif de donner plus d’autonomie aux municipalités pour gérer les affaires de leurs citoyens dans leurs localités, et c’est pourquoi il est important dans la formation du prochain gouvernement, de RESTAURER LE MINISTÈRE DES MUNICIPALITES. et de le séparer du ministère de l’Intérieur. Ce ministère se chargera de la décentralisation et de l’allocation des ressources aux municipalités, leur donnant l’autonomie financière pour gérer leurs budgets. Cette stratégie de décentralisation peut atténuer la pression de la crise économique nationale sur une base locale en créant des opportunités d’emploi et le développement des infrastructures.

De même, il sera important de promulguer des lois pour permettre aux municipalités de mettre en œuvre des impôts communautaires raisonnables. Cela sera plus efficace dans le climat économique actuel, car les ratios fiscaux pourraient être adaptés à la richesse et à la prospérité des quartiers. Cette option de responsabilisation des municipalités est une façon pour le gouvernement de commencer à proposer une politique fiscale moins draconienne et plus percutante.

L’un des principaux problèmes qui a conduit au niveau élevé de corruption gouvernementale au cours des dernières décennies est que les agences de contrôle ont été rendues impuissantes par diverses administrations. Il s’agit notamment du Conseil Constitutionnel, de la Cour des Comptes, du Conseil de la Fonction Publique, du Conseil Général de Discipline et de l’Inspection Centrale. Ils sont censés protéger et réglementer le secteur public. Pendant le mandat de Premier ministre de Rafic Hariri, ces agences de contrôle ont été placées directement sous sa personne. Depuis, elles ont souffert de réquisition et d’obstruction politiques et ont été systématiquement affaiblis pour des raisons politiques. Ces AGENCES DE CONTRÔLE doivent être à nouveau habilitées. Elles doivent également être rendu APOLITIQUE et gérées par des spécialistes dans leur domaine.

LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL est complètement politisé avec des dirigeants promouvant des juges à des postes au Conseil et annulant ainsi leur impartialité. Parce qu’ils sont soumis à des pressions politiques, les membres du Conseil s’abstiennent souvent de participer. Leur présence une fois convoquée devrait être renforcée pour limiter l’interventionnisme politique. Ces juges doivent également avoir le droit de contrôler la constitutionnalité des lois de leur propre initiative sans dépendre des demandes politisées des membres de l’exécutif ou du législatif.

LA COUR DES COMPTES qui est censée être un système de contrôle financier est penchée en faveur des pré-audits avec peu d’implication dans le post-audit. Cela a permis à de nombreuses transactions corrompues dans le secteur public de ne pas être surveillées.

Pour cette raison, l’organisation a également éprouvé des difficultés dans ses relations avec le ministère des finances en raison d’une duplication des audits préalables entre eux. Ceci est injustifié et entraîne de sérieux retards dans le travail gouvernemental.

La Cour des Comptes devrait être transformée en une autorité post-audit UNIQUEMENT afin que ses actions n’entrent pas en conflit avec le rôle du Ministère des Finances. Après tout, ce qui compte dans la surveillance de la corruption, c’est de vérifier comment les budgets sont alloués pendant et après l’achèvement des projets.

Plus important encore, la Cour des comptes n’a pas compétence sur bon nombre des soi-disant « institutions d’État » qui ont été accusées des plus grandes pratiques de corruption et qui agissent à l’unanimité indépendamment de tout contrôle du gouvernement ou du Parlement.

Ceux-ci sont :

Le Conseil pour le développement et la reconstruction (CDR)

Le Conseil du Sud-Liban

Le Fonds pour le retour des déplacés et des réfugiés

La Commission supérieure de secours

Il paraît donc judicieux de proposer que la Cour des Comptes soit compétente sur tous les projets financés par le gouvernement et qu’elle obtienne son indépendance en tant qu’organe de surveillance en disposant de son propre budget afin de pouvoir exercer l’impartialité dans son mécanisme de contrôle du secteur publique. Cela inclurait également l’audit de la Banque Centrale, qu’elle doit faire chaque année. Il est également important d’un point de vue professionnel que les membres de la Cour des Comptes aient une formation professionnelle en finance et non seulement juridique.

La plupart des organismes de réglementation au Liban ont souffert d’un manque de financement, de ressources et d’autorité. Il s’agit notamment du CONSEIL DE LA FONCTION CIVILE, DU HAUT CONSEIL DISCIPLINAIRE et DE L’INSPECTION CENTRALE. Ils ont tous souffert de l’interventionnisme politique d’une manière ou d’une autre.

Le Conseil de la fonction publique entretient depuis des années de très mauvaises relations avec les dirigeants politiques. Ses membres ont vu leur immunité abolie, ce qui leur rend difficile l’exercice de leurs fonctions sans crainte de représailles politiques, car une partie de leur travail consiste à surveiller les politiques et pratiques en matière de personnel des ministres et des ministères.

Au cours de ces dernières décennies, de nombreux dirigeants politiques ont abusé de leurs positions au sein du gouvernement pour placer des fonctionnaires en fonction en tant que faveurs politiques. Les gouvernements successifs ont contourné les règles du Conseil de la Fonction Publique. Par exemple, un grand nombre de membres du personnel du ministère des finances ne sont pas embauchés par l’intermédiaire du Conseil de la Fonction Publique, mais illégalement par l’intermédiaire d’organisations comme le PNUD.

Cette pratique et d’autres ont augmenté le nombre d’employés du gouvernement, connus sous le nom de « travailleurs occasionnels non classés ». Le nombre de ces employés dans la fonction publique est en fait plus grand que le nombre de fonctionnaires réguliers ! Ceux-ci doivent être progressivement éliminés. En vertu de la loi actuelle, le grand groupe des « travailleurs occasionnels non classés » est exclu de la compétence du Conseil Général de Discipline. Le résultat de ces malversations est que l’existence d’un secteur publique aussi important dans un si petit pays fait peser une lourde charge sur le PIB du gouvernement.

Toutes les lacunes ci-dessus, les encombrements, les éléments défunts et dysfonctionnels du gouvernement doivent être corrigés rapidement et remplacés par de nouvelles stratégies et méthodes qui sont dans le meilleur intérêt de la nation.

En fin de compte et vu les différentes suggestions proposées comme solutions, il n’y a qu’une seule conclusion que je peux avancer et qui est simple : nous devons réparer notre nation parce qu’elle est brisée, et surtout, il n’y a pas plus de temps pour procrastiner !!

Enfin, je voudrais faire une analogie avec le film « The Matrix ». Tout comme dans le film, la fausse façade de la prospérité du Liban, camouflée par un faux extérieur de glamour a maintenant été révélée et exposée comme un mensonge, dévoilant à la place une nation en lutte, divisée, corrompue et un état échoué. Je sais que cette nouvelle version dure du Liban est choquante, mais au moins nous savons qu’elle est réelle.

En revanche, je crois honnêtement que l’élimination progressive de tout ce qui est faux et superficiel, la réduction naturelle de l’avidité, la soumission et l’admission de notre vulnérabilité peuvent tous être transformés en force et en résilience à l’avenir.

De même, comme dans le film, nous avons le choix de prendre une pilule rouge afin de faire partie de la résistance et de pousser pour le changement ou bien de prendre une pilule bleue pour oublier tout et redevenir les « partisans » aveugles des « Zaim » et de leurs partis politiques modelés à leur image.

Dans le film, le héros, Néo, opte pour la pilule rouge et voit pour la première fois le visage maléfique manichéen de la réalité qu’il doit renverser. Il choisit de rejoindre la résistance. Tout comme Néo, pour nous Libanais, il n’y a plus de marche arrière possible. Nous avons collectivement pris la pilule rouge et nous ne pouvons que regarder vers l’avenir, aussi effrayant que cela puisse être !

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